Citoyens

Célébrant le 50e anniversaire du Centre culturel canadien à Paris, cette production réunit plus d’une centaine de photographies inédites d’artistes majeurs de la scène contemporaine canadienne, ainsi qu’un volet citoyen regroupant cinquante images envoyées du Canada et de la France.  

Créée pendant le confinement, l’exposition s’est élaborée à partir d’une demande faite aux artistes d’envoyer trois images représentant une vision actuelle et personnelle de leur monde, un projet symbolique réalisé spécifiquement pour la France et consciemment adressé aux Français. Faite en grande partie de photographies réalisées avec la technologie et dans l’esprit du téléphone portable, Image… envoyée souligne également, par la réciprocité de sa composante citoyenne, la relation Canada-France.

Pendant la pandémie de la Covid-19, dans mon atelier d’hiver au Québec, peindre ma main blanche, noire, verte avec la neige, le vent et le soleil, jusqu’à ce qu’elle prenne sa liberté au printemps et s’en aille avec le déconfinement : j’ai créé alors l’émoticon de la solidarité humaine pour la plateforme téléphonique du SAMU social international, le Service d’Aide Médicale d’Urgence pour la santé mentale, basé en France : mon engagement d’artiste.

Canada

Alma-Nouveau-Brunswick, Mai 2020
Beaudry, Daniel

Daniel BEAUDRY

Alma-Nouveau-Brunswick, Mai 2020

Cette photo est une image emblématique du village de Alma avec sa rade à marée basse.
Nouveau quotidien, Mai 2020
Kassandra Reynolds

Kassandra REYNOLDS

Nouveau quotidien, Mai 2020

Être à la maison, c’est apprécier chaque instant, passer du temps de qualité avec ceux qui nous sont chers, c’est aussi prendre le temps d’observer ce qui nous entoure, voir les «bois dormants» se réveiller petit à petit au printemps pour ensuite laisser place à l’été et celui avec qui on partage un nouveau quotidien : mon canard « Quacko ».
Portrait of a Chinese Canadian in 2020, Juin 2020
Chun Hua Catherine Dong

Chun Hua Catherine DONG

Portrait of a Chinese Canadian in 2020, Juin 2020

Cette image est une réaction aux agressions raciales contre les Canadiens d’origine est-asiatique dues à la Covid-19. Pendant la pandémie, je sors peu mais quand je dois le faire, je porte toujours un masque, de larges lunettes de soleil et un grand chapeau afin de cacher mes caractéristiques physiques chinoises et éviter d’être ciblée. Je ne crains pas tant les agressions physiques que verbales car parfois les mots blessent plus que les coups. Je veux affronter ce problème avec humour car l’humour m’aide à transformer ma peur et ma douleur. J’espère que tous les Canadiens vont réagir ensemble pour condamner les actes racistes et construire une société véritablement multiculturelle ancrée dans l’inclusion et le respect de la diversité et la dignité humaine que nous méritons tous.
Walking Meditation, Mai 2020
Milanka Bunard

Milanka BUNARD

Walking Meditation, Mai 2020

Ma marche quotidienne à travers la zone industrielle de l’Est de Vancouver jusqu’à mon atelier d’artiste a toujours été remplie de bruits, d’odeurs et d’une certaine appréhension d’un danger propres à cette partie de la ville.
La première fois que j’ai refait ce trajet après le confinement, j’ai pénétré dans un monde magique de silence et de beauté naturelle. Tout avait l’air différent et pourtant semblable. L’absence de gens m’inquiétait, de même que leur éventuelle présence. Je propose cette image en guise de rappel que lorsqu’on embrasse les contraintes, la beauté est partout.
Gros Morne parc national, Mars 2016
Thibaut Ketterer

Thibaut KETTERER

Gros Morne parc national, Mars 2016

Terre Neuve. Une nuit au pied des Tablelands pendant une tempête de neige par -18°C. Elle exprime pour moi la beauté et la grandeur des paysages terre-neuviens, ainsi que la rudesse du climat canadien.
Hudson Bay Whaling Station, Apex, Nunavut, Mai 2020
Bill McKay

Bill MACKAY

Hudson Bay Whaling Station, Apex, Nunavut, Mai 2020

La station baleinière et de pelleterie de la baie d’Hudson est un lieu historique où de nombreuses familles d’Iqaluit se retrouvent pour se détendre à la plage ou explorer les vestiges du poste de traite et ses magnifiques alentours. Ce bâtiment était à l’origine un site dédié au commerce de la fourrure et des produits baleiniers avant de devenir un magasin général approvisionnant les habitants Inuit. Le magasin a fermé dans les années 1960 mais demeure un lieu touristique populaire.
A l’ouest de Calgary Alberta, Mai 2020
Patrick Klassen

Patrick KLASSEN

A l’ouest de Calgary Alberta, Mai 2020

La beauté des Prairies et les Rocheuses de l’Alberta au printemps avec un chien nommé Brutus.
Ça va bien aller, Mai 2020
Mike Patten

Mike PATTEN

Ça va bien aller, Mai 2020

Acte de solidarité entre citoyens de Montréal, l’expression « ça va bien aller » accompagnée du dessin ou de la peinture d’un arc-en-ciel est apparue dans de nombreuses vitrines et aux fenêtres de logements individuels pendant tout le confinement de l’épidémie Covid-19. Ce souffle positif a été pour beaucoup un message bienvenu et un rappel que les tempêtes ont une fin. Cette photo a été prise à quelques pas seulement de chez moi dans l’arrondissement de Verdun.
Douglas Fir #12, Lighthouse Park, West Vancouver, BC., Mai 2020
Michael Easton

Michael EASTON

Douglas Fir #12, Lighthouse Park, West Vancouver, BC., Mai 2020

Il fut un temps, avant le bûcheronnage intensif, où l’immense et majestueux pin Douglas (3 mètres de diamètre pour 100 mètres de haut) était dominant à travers tout ce qu’on appelle aujourd’hui le District régional du Grand Vancouver. Il survit de nos jours sous forme de spécimens de seconde pousse bien moins grands à l’intérieur de minuscules refuges tels que Lighthouse Park.
Encapsulated Sunset, 2020
Majid Jahan

Majid JAHAN

Encapsulated Sunset, 2020

Voici l’image d’un coucher de soleil saisi sur une plage locale de l’Ontario appelée Ipperwash Beach. Le soleil apparaît en partie enserré dans de sombres nuées qu’il éclaire en un contre jour dramatique juste avant de disparaître, évoquant l’impression crépusculaire de notre monde pendant cette période où les gens se maintiennent à distance et doivent porter un masque lorsqu’ils sortent en public. La présence des nuages et la position géographique du soleil produisent le vibrant rouge mordoré du ciel.
De l’autre côté de l’océan (Halifax / K’jipuktuk, Canada), Mai 2020
Marie-Soleil Provençal

Marie-Soleil PROVENÇAL

De l’autre côté de l’océan (Halifax / K’jipuktuk, Canada), Mai 2020

(Photo envoyée à ma famille et mes amis proches) La quarantaine a redéfini les distances entre nous. C’est comme si un océan nous avait soudainement tous isolés puis nous avait de nouveau liés. Plus que jamais, nous restons en contact avec des lettres, colis, images, vidéos, messages et appels.
Desertion (Chris Weaver), Mai 2020
CA - 22 Segers, Walter

Walter SEGERS

Desertion (Chris Weaver), Mai 2020

Cette image soulève des questions aiguës sur la nature de notre monde connecté et les façons complexes dont les gens vivent la solitude, l’isolement et le confinement dans le cadre d’une réponse concertée à la pandémie mortelle Covid-19. Bien que chaque sujet solitaire soit situé dans un environnement familier, il affronte une immensité spatiale vide d’autres. Cette scène est une réflexion critique sur notre besoin d’interaction sociale et de voyage.
Les Filles du Roy, Mai 2020
Blain, Roger

Roger BLAIN

Les Filles du Roy, Mai 2020

L’œuvre de la muraliste Annie Hamel rappelle le rôle des trente-six premières Filles du Roy - toutes nommées sur la sixième robe - dans l’implantation et l’épanouissement d’une colonie en Nouvelle-France et, tout particulièrement, à Ville-Marie (aujourd’hui Montréal). Huit tableaux, peints sur les robes des huit premières Filles du Roy à arriver à Montréal, racontent l’histoire de ces femmes.
Being Together, Anyway / Streaming, Mai 2020
Philippe Boissonnet & Lorraine Beaulieu

Philippe BOISSONNET & Lorraine BEAULIEU

Being Together, Anyway / Streaming, Mai 2020

Photo prise devant chez nous, à Trois-Rivières, à l’occasion d’un évènement artistique en ligne, Light-Windows, organisé par le Center for the Holographic Arts de New York (http://holocenter.org/) pendant le confinement mondial.
Tout rassemblement et toute exposition étant interdite, il s’agissait de faire valoir la lumière à la fois comme forme d’art et comme forme d’espoir et de ralliement international à travers une sculpture de bouteilles en plastique et un hologramme.
The Wave, Mai 2020
Paul Murasko

Paul MURASKO

The Wave, Mai 2020

J’ai choisi cette image parce qu’elle transmet à mes yeux un message réjouissant, l’impression de joie contenue dans un instant. J’utilise l’immédiateté de la photographie pour agir dans l’instant car je cherche à saisir la vision fugace, l’énergie, la lumière irréversible. J’essaye de comprendre cette relation qui me pousse à me souvenir de ces lieux et de ces choses — ce besoin de partager avec les autres. Notre lien à l’esprit humain transcende les mers, la langue et les frontières. C’est l’interconnection de l’esprit humain que nous partageons. Nos valeurs et nos désirs d’être en paix avec l’univers, d’être heureux, en bonne santé et libres sont un bien commun que nous rêvons et continuons de construire. L’année 2020 a été rude. Cette image me rappelle qu’il y a la lumière au bout du tunnel, qu’il y aura des moments de joie. J’espère convoquer une vision contemporaine de la mémoire, de la conscience et de l’espoir où chacun pourra trouver sa propre allégorie et l’emporter avec soi.
Minos #4, Janvier 2020
Maxime Rheault

Maxime RHEAULT

Minos #4, Janvier 2020

Cette image fait partie d’une série ouverte d’expérimentations en chambre noire. À partir d’objets du quotidien, des compositions sont exposées sur papier photo en n’utilisant qu’une lumière directe. Cette image a été choisie car elle évoque la transformation et la perte de repères en ces temps particuliers.
Mystical Lands (West Coast, BC), Octobre 2017
Andrew W. Lawrence

Andrew W. LAWRENCE

Mystical Lands (West Coast, BC), Octobre 2017

Le Canada recouvre un territoire immense et varié. Il est d’une extrême diversité tant sociale que naturelle et regorge de lieux exceptionnels. L’un d’eux est la côte ouest de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, où s’étend le Pacific Rim National Park. Ce parc naturel, on ne fait pas que le visiter, on le « ressent ». Frôler les vagues qui s’abattent sur ses promontoires de roche volcanique et ses plages de sable, déambuler au milieu des arbres géants plusieurs fois centenaires de ses forêts anciennes, apercevoir des dizaines d’espèces sauvages peuplant l’eau, l’air et la terre... il faut vraiment le vivre pour comprendre l’esprit de ce territoire. Cette photo représente non seulement l’histoire ancestrale des Premières Nations présentes dans ce lieu mystique mais aussi quelques uns des principaux animaux qui y vivent et l’extraordinaire beauté naturelle de leur environnement.
On the Stormy Shores of Lake Ontario, Septembre 2019
Deanna Osmond, photo : Deannaosmondphotography

Deanna OSMOND

On the Stormy Shores of Lake Ontario, Septembre 2019

J’ai choisi cette image car elle me paraît emblématique de mon univers : les grands espaces, la nature, le monde sauvage indompté du Lac Ontario. Habitant cette région, nous avons la chance d’être entourés de beaucoup de terres encore intactes. Cette image a été prise sur les rives du lac dans la région du Grand Toronto.
Je voulais montrer le côté naturel de cette région. Nous les Canadiens avons le bonheur de vivre dans un pays si riche en nature. Mais à mesure que notre population augmente, la quantité de terres vierges diminue. J’ai choisi cette photo afin de montrer un peu de cet espace naturel qui subsiste; même dans une zone aussi densément peuplée que la région de Toronto.
Moncton avant le storm, Mai 2020
Amandine Du Poitou

Amandine DU POITOU

Moncton avant le storm, Mai 2020

Moncton, ville d’accueil aux multiples facettes, un peu chic, beaucoup choc (oh là!), passionnément chiac, peu à peu on t’apprivoise. Drama queen bercée au rythme du mascaret de la Petitcodiac, drapeau claquant dans le vent et croix de la déportation rappelant les heures sombres de ton passé, ton avenir rayonne par ton modernisme et la richesse de ton ouverture culturelle. Captivante de jour comme de nuit, sous le soleil, la neige ou avant la tempête, difficile de résister à ton charme tantôt franco, tantôt anglo. C’est ici que réside la subtilité acadienne !
Living Alone, Mai 2020
Kennedy Collins

Kennedy COLLINS

Living Alone, Mai 2020

Cette photo évoque les problèmes de santé mentale qu’engendrent l’isolement et la solitude. La photographie a toujours été pour moi une façon de rester en contact avec les autres à un moment où la distanciation sociale est exigée. En nous trouvant tous séparés ensemble, nous réalisons à quel point nous dépendons les uns des autres.
Deux mètres, Juin 2020
Debbie Cormier, photo : Beckie Cormier

Debbie CORMIER

Deux mètres, Juin 2020

Pour produire Deux mètres, j’ai choisi de mettre de l’avant la beauté des grands espaces canadiens et la nature avec laquelle j’ai repris contact depuis le début du confinement. Les deux lignes au sol allant jusqu’à perte de vue représentent le contact social malgré la distanciation, le fait que malgré les temps difficiles, nous nous tiendrons ensemble pour contrer l’isolement.
Sunrise in Ponteix, Saskatchewan, Décembre 1997
Bob St-Cyr

Bob ST-CYR

Sunrise in Ponteix, Saskatchewan, Décembre 1997

J’ai choisi cette image car c’est une de mes préférées évoquant mon chez moi, mes racines, là où j’ai grandi, où j’ai appris à exprimer mon univers à travers l’objectif d’un appareil photo. La prairie fait partie de ce vaste paysage magnifiquement divers qui me ravit en tant que Canadien vivant au Canada.

France

Amour-en-cage, Mai 2020
Hélène Halatcheff

Hélène HALATCHEFF

Amour-en-cage, Mai 2020

En me promenant à Pigalle, je me suis arrêtée devant cette belle porte d’hôtel “cousue” par une grosse chaîne. Cette vision concentrait tout ce que je ressentais à ce moment-là : l’arrêt des possibles, des voyages, des rencontres, des échanges... Sur la porte, Madame et Monsieur doivent se contenter d’un chaste regard, cependant qu’au-dessus d’eux, dansent les enfants insouciants.
Livres en liberté, Mai 2020
Christian Berthault

Christian BERTHAULT

Livres en liberté, Mai 2020

Le confinement, moins d’espace, plus de temps. Du temps pour trier, déstocker, installer jour après jour de quoi lire : valise et livres disposés dans la rue, à l’extérieur, invitent au voyage... intérieur. Librairies et bibliothèques fermées, des livres en libre-service, et parfois des gens qui sonnent pour remercier. Expérience à poursuivre dans le monde d’après.
Le Louvre désert, Mai 2020
Fevronia Novac, photo : Marie Le Fol-Novac

Fevronia NOVAC

Le Louvre désert, Mai 2020

Cette photo du Louvre désert a dû être prise par de nombreuses personnes qui se sont promenées, comme moi, au Louvre, à la sortie du confinement. Si, pendant cette période angoissante, nous avons ressenti le temps comme de longs dimanches, la cour du Louvre a dû ressentir son confinement comme des mardis. En même temps, des millions de personnes ont visité le musée en ligne.
Dehors, Mai 2020
A.S. Journée-Duez

A. S. JOURNÉE-DUEZ

Dehors, Mai 2020

En plein confinement, dans un quartier populaire de l’une des régions de France les plus touchées par la pandémie, un soir la beauté est revenue. L’extérieur alors ne faisait plus peur, mais était juste magnificence.
Honneur à Paul de Chomedey de Maisonneuve, Mai 2020
Claudie Gest, photo : Fash-Photo-Mobile

Claudie GEST

Honneur à Paul de Chomedey de Maisonneuve, Mai 2020

Quels que soient les circonstances sanitaires internationales, que le lien unissant la France au Canada dure toujours et à jamais. Marchons à la suite de Paul de Chomedey de Maisonneuve. Baptisé à Neuville sur Vanne, il cofonda Ville-Marie (maintenant Montréal au Québec) le 17 mai 1642, malgré la distance et tous les obstacles.
Eline et Liya, Mars 2020
Mélanie Dornier

Mélanie DORNIER

Eline et Liya, Mars 2020

Lettre visuelle à vous mes enfants,
Aujourd’hui encore plus qu’hier, je ne peux imaginer de quoi ton avenir sera fait. Comment vivras-tu sur cette planète que nous avons cessé de maltraiter ? Le virus est là, on parle de protection contre l’invisible et d’enfermement. La nature en pleine effervescence, elle respire. Notre société à nous suffoque, elle s’arrête. Sous notre cloche, nous, nous jouons, et créons notre propre univers onirique. Nous imaginons nos histoires et créons notre propre mémoire de ce temps suspendu.
L'Échappée, Juin 2020
Manon Weiser

Manon WEISER

L'Échappée, Juin 2020

Cette photo est un ferrotype réalisé au début du déconfinement. J’ai enfin pu ressortir mon laboratoire mobile et me promener dans mon Vercors natal. Après avoir passé deux mois de confinement reliée au monde via des écrans, j’ai ressenti le besoin de revenir à l’essentiel : ressentir la nature, respirer et prendre le temps de photographier. Quoi de mieux que le procédé du collodion humide datant de 1850 pour couper avec la folie de notre société actuelle.
Psyk Eiffel, Mai 2020
Chane

CHANE

Psyk Eiffel, Mai 2020

Seule sur mon toit, ma vision de la dame de fer confinée, icône d’un Paris qui attend le retour des événements
festifs et culturels.
Youtopia, Mai 2020
Pyjproject

PYJPROJECT

Youtopia, Mai 2020

Se quitter pour mieux se recréer
Se séparer pour mieux se relier
Au-delà de l’instant
Au-delà du temps
Par-delà l’océan
Sauvage firmament
Dont l’écume docile amarre nos terres
par ses chants du possible
S’émanciper de nos architectures
Se laisser porter par l’azur
Et y renouveler nos augures
Pour y dévisager nos futurs
Day-0, 2020
Estelle Magnin, photo : Justine Arnal

Estelle MAGNIN

Day-0, 2020

Cette photographie a été prise de mon studio à Paris pendant le confinement, en 2020. Elle fait partie d’une série, « Home Theatre », commencée en 2018. Ce projet trace mon implication dans le monde extérieur et intérieur. Il porte sur la force de l’union de la vie réelle et des rêves, et de la fine ligne entre les deux. La quarantaine l’a sensiblement rétrécie.
Huis clos, n.d.
Kathleen Meier

Kathleen MEIER

Huis clos, n.d.

Nos lieux de vie influencent notre bien-être. Le confinement imposé a permis un constat important : celui de comprendre que dans un contexte d’enfermement les richesses culturelles et sociales que l’on possède jouent des rôles importants. L’intérieur – que ce soit celui en nous ou autour de nous – se montre alors primordial pour le bien-être mental.
Ecran de sécurité (Marseille, Gare ferroviaire Saint Charles), Mars 2020
IAAAI, photomaton Rencontres d'Arles

IAAAI

Ecran de sécurité (Marseille, Gare ferroviaire Saint Charles), Mars 2020

Perdu dans un espace-temps suspendu où seul le frémissement optique des écrans donne le rythme voilà cet homme agenouillé comme suppliant d’être épargné d’un invisible ennemi viral.
À distance du vivant, encore un peu plus seul dans une interactivité strictement virtuelle et digitale.
Clichés concentrés, 2020
Nanta Ranarison, photo : Xavier Granet

Nanta RANARISON

Clichés concentrés, 2020

Dans cette image, j’ai vu tous les clichés qui voyagent sur Paris, mais j’y ai aussi vu cette beauté qui entoure le quotidien des Parisiens.
I Have Been here, Juin 2020
FR - 05 Cohen, Sarah

Sarah COHEN

I Have Been here, Juin 2020

Je souhaitais envoyer de l’universel, que quelqu’un puisse se reconnaître et comprendre sans avoir besoin de parler de la situation explicitement. Le vide, l’urbain, un lieu désert peuplé d’âmes, un endroit qui puisse tout simplement rappeler que l’espace et le temps sont des fictions qui nous ramènent à nous- mêmes. Puisque j’étais là, je voulais le dire, I Have Been Here, même si je ne suis personne et qu’il n’y a personne. Au cœur même de l’absence, il subsiste toujours une présence. Cette image envoyée est une façon d’exister puisque nous sommes « des animaux sociaux ».
Le Confinement, épisode n°30, Avril 2020
Jordane Prestrot - Le Confinement 40

Jordane PRESTROT

Le Confinement, épisode n°30, Avril 2020

La série Le Confinement est composée d’une quarantaine d’autoportraits “multipliés” illustrant avec humour, fantaisie et étrangeté, l’impact psychologique de la situation d’isolement forcé qui a été la nôtre, en France et ailleurs dans le monde. Du 1er avril 2020 jusqu’au déconfinement, j’ai réalisé chaque jour une nouvelle image et l’ai partagée en ligne comme un feuilleton. D’un point de vue personnel, ce projet m’a aidé à gérer mon anxiété et à donner du sens à cette expérience inédite ; d’un point de vue collectif, il m’a donné la chance d’égayer le quotidien de mes abonnés.
Lecture au soleil, Mars 2020
Matthieu Fournel

Matthieu FOURNEL

Lecture au soleil, Mars 2020

J’ai choisi cette image pour la tranquillité et la sérénité qu’elle dégage.
Le confinement était certes une période difficile et parfois angoissante, mais surtout une occasion de se retrouver avec soi et de profiter d’un calme retrouvé.
Bienvenue en 2020 !, Mai 2020
Bluenn Layolle

Bluenn LAYOLLE

Bienvenue en 2020 !, Mai 2020

J’ai choisi cette photographie, prise très spontanément dans un supermarché pendant la période de confinement, car elle incarne pour moi l’absurdité des messages que l’on reçoit aujourd’hui au quotidien. Je suis convaincue qu’une phrase telle que celle-ci
(« Gardez vos distances ») a un vrai impact sur notre psychologie, malgré l’enrobage de politesse.
Gravity / Covid sidéral, Mai 2020
ManoLO Chrétien, photo : Pia Loro

ManoLo CHRÉTIEN

Gravity / Covid sidéral, Mai 2020

Ce cliché a été pris un soir de mai, alors que je venais de préparer la table du petit-déjeuner. L’ambiance de « vide sidéral » dans le quartier, liée au confinement, cette table ronde, ce dessous de plat comme des anneaux de saturne, ces bols situés comme deux satellites isolés, cette ambiance de lumière spatiale avec l’idée d’une lune à ma fenêtre... Tout était en place par et pour le plus beau des hasards. Et petite anecdote : mon père est cosmonaute !
Winter Advertising, Mars 2020
Pascal Pérennec

Pascal PÉRENNEC

Winter Advertising, Mars 2020

Je suis un peu en dehors
Je me sens seul parfois
Comme en retrait du monde
Je crois que c’est nécessaire
Peut être un moyen de m’y soustraire
Je ne suis pas vraiment avec les gens
Je n’y tiens pas trop, finalement
Je les effleure simplement
J’y perdrais ma distance
Je trahirais ma fuite
Le silence, l’effacement de soi
Cela me va bien
L’incertitude de l’endroit
La mélancolie du moment
Une fragilité intérieure
Le sentiment du décor
La photo c’est un positionnement.
La Vie en couleurs, Mars 2020
Adrien Nowac, photo : Lorraine Turci

Adrien NOWAK

La Vie en couleurs, Mars 2020

Je travaille habituellement pour la presse à Toulouse, afin de raconter en images l’actualité de la ville. Puis, du jour au lendemain, tout s’arrête. Plus d’activité dans les rues, plus de travail pour ma part, c’est l’inconnu qui commence. Pour donner une vision plus optimiste des rues désertes, j’ai décidé d’y rajouter de la vie au travers de silhouettes colorées de personnes, en attendant que la vie reprenne.
Revivre, Mai 2020
Anne-Sophie Coppin, photo : Fabien Rouire

Anne-Sophie COPPIN

Revivre, Mai 2020

Derrière les volets, le ciel est bleu. Paris va déconfiner, syndrome de la cabane, sortir ? Au coin du bureau, l’épanouissement charnel de la pivoine montre le chemin, revivre.
Intermède, Juin 2020
Valentine Gentilleau

Valentine GENTILLEAU

Intermède, Juin 2020

L’intermède, ce qui interrompt temporairement une activité. Dépourvu de repères spatio-temporels. Seule la silhouette rappelle le redémarrage du quotidien. La rigidité des lignes géométriques scinde l’image en plusieurs parties, évoquant les barrières imposées par la distanciation sociale.
Amour, toujours, Juin 2020
Georges Lambert

George LAMBERT

Amour, toujours, Juin 2020

L’amour n’a pas d’âge. Très jeune, on peut l’éprouver, vrai, inoubliable. C’était les vacances, rive gauche de Chicoutimi, elle avait sept ans. Aujourd’hui, visite de la Tour Eiffel et traversée du Champs de Mars à Paris. Elle y est bien présente, elle doit avoir soixante-dix-sept ans.
Moret-sur-Loing, vue du Donjon sur l’Eglise Notre-Dame de la Nativité et le centre historique du village, Journées du Patrimoine, Mai 2020
Céline De Le Asuncion

Céline DE LA ASUNCION

Moret-sur-Loing, vue du Donjon sur l’Eglise Notre-Dame de la Nativité et le centre historique du village, Journées du Patrimoine, Mai 2020

L’Eglise Notre-Dame de la Nativité, dont la taille démesurée au centre du petit village médiéval de Moret-sur-Loing - témoignant de la riche histoire de cette commune située à quelques kilomètres du Château de Fontainebleau - m’a fait l’impression d’une caravelle... comme celles parties à la conquête du Nouveau Monde.
Le silence, 2020
Frédéric Soltan

Frédéric SOLTAN

Le silence, 2020

Cette photo fait partie d’une série réalisée durant le confinement à Paris. Il est 20h et de nombreuses personnes se mettent à leurs fenêtres pour applaudir ou saluer le personnel médical. Ce jeune couple sous les toits de Paris a l’air tout étonné d’une situation qui restera probablement inédite dans l’histoire du quartier.
En-dehors, Juin 2020
Pascale de Rességuier

Pascale DE RESSÉGUIER

En-dehors, Juin 2020

En apesanteur créative, émotions partagées, ballade d’un mot sur une mélodie, d’une rencontre virtuelle en moment de vie intense, une opportunité en pointillés vers un futur tout autre...
Ici, un paradis, Mai 2020
Jennifer Orhelys

Jennifer ORHELYS

Ici, un paradis, Mai 2020

Pendant la mise en confinement, j’étais à la campagne. Pour soutenir mes proches qui n’avaient pas la chance d’avoir cette nature, je leurs envoyais mes images comme une forme de résistance, voire de résilience.